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Marché de l’e-santé aujourd’hui : état de l’art et leviers de croissance

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Le marché de l'e-santé regorge d’opportunités à la fois dans les domaines du suivi des maladies chroniques, du maintien à domicile des personnes âgées, de la lutte contre les déserts médicaux, de la prévention ou encore des transferts d’expertises entre professionnels de santé. Le potentiel de la progression du marché de l’e-santé et très élevé à l’horizon de 2025.

Attentes des utilisateurs en matière d’e-santé

L’e-santé se positionne à la rencontre de la politique industrielle, de la recherche et de la politique de santé publique, mais aussi de la qualité de vie. Elle suscite en conséquence l’intérêt de différents ministères en raison de son potentiel de développement d’une activité économique nouvelle, et de recherche de qualité de vie favorable pour le plus grand nombre. [1]

Le ministère des solidarités et de la santé a terminé l'année 2017 en présentant sa stratégie nationale de santé (SNS). Cette feuille de route des politiques publiques de santé accorde au numérique une place importante. Le ministère de l’économie a annoncé à son tour « d’importantes cessions d’actifs » de l’Etat - 10 milliards d’euros pour financer l’innovation en 2018 y compris le numérique et la santé.

L’année 2017 fut également une année importante autour du système national des données de santé, visant à renforcer la sécurité par la loi du 26 janvier 2016. En parallèle, la question de l'hébergement des données de santé s'est aussi posée tout au long de l'année, en lien notamment avec l'entrée en vigueur, en mai 2018, du règlement européen relatif à la protection des données personnelles (RGPD).

Mais quelles sont les attentes des français en matière d’e-santé aujourd’hui ?

Une étude d’Opinion Way et La Poste, réalisée en ligne en novembre 2017, montre que les attentes des français en matière d’e-santé sont très élevées. Près de 70% souhaitent pouvoir prendre leurs rendez-vous en ligne, accéder et gérer en ligne leurs dossiers médicaux. 60% des français se déclarent intéressés par les communications en ligne avec leur médecin, ainsi que par un meilleur suivi grâce aux objets connectés. En revanche, la gestion des dossiers de santé reste perfectible car 50 % des Français n'amènent pas leur dossier complet lors de leurs consultations chez un professionnel de santé, 39% ne savent pas si leurs vaccinations sont à jour et 25% seulement scannent et archivent leurs analyses médicales.

Marché de l’e-santé aujourd’hui : état de l’art et leviers de croissance

Aujourd’hui le marché de l’e-santé France pèse près de 550 M€ selon les estimations de la nouvelle étude Xerfi-Precepta de 2017, chiffre qui exclut les systèmes d’informations de santé. Et ce marché regorge d’opportunités à la fois dans les domaines du suivi des maladies chroniques, du maintien à domicile des personnes âgées, de la lutte contre les déserts médicaux, de la prévention ou encore des transferts d’expertises entre professionnels de santé. Le potentiel de la progression du marché de l’e-santé et très élevé à l’horizon de 2025.

Encore faut-il actionner les bons leviers de croissance. Il s’agit notamment pour les acteurs privés de structurer et d’industrialiser une offre aujourd’hui largement expérimentale, fragmentée et difficilement lisible à la fois par les acteurs de santé et par le grand public. Une démarche qui passera par les stratégies partenariales, dépassant ainsi les logiques concurrentielles traditionnelles. La compétition va se structurer autour des écosystèmes d’acteurs complémentaires, ayant tous un objectif fédérateur commun. La question de financement apparaît également primordiale, pour mobiliser tout le potentiel de croissance des marchés de l’e-santé. Au-delà du soutien du capital-risque pour les start-up les acteurs seront aidés par l’investissement des pouvoirs public et des OCAM (Organisme complémentaire d'assurance maladie) qui franchit maintenant une étape critique pour mieux solvabiliser la prévention et les segments dit « médicalisés » [2]

Les financements publics commencent à affluer dans le secteur de l’e-santé et permettront à terme de solvabiliser la demande. En clair, la télémédecine se voit de plus en plus financée, la téléconsultation commence à se diffuser dans les offres des complémentaires santé et les solutions connectées autour du médicament sont de plus en plus pris en charge. On observe également un essor de l’e-santé B2B : le chiffre d’affaires des entreprises qui fournissent les professionnels de la santé (hôpitaux, médecins, centres de soins, …) en matériels médicaux et fournitures est estimé à 3 milliards d’euros par an en France. En 2016, le BtoC du secteur IOT représentait un chiffre d’affaires de 72 milliards d’euros, selon le site d'e-commerce NM Medical.[3]

Enfin, outre les financements publics et la structuration – industrialisation de l’offre un troisième levier de croissance devrait également être activé. Il s’agit de la réorganisation de la chaine des soins sous le contrôle des ARS notamment.

Quant au paysage concurrentiel il est complexe et foisonnant. On compte en effet les industriels de santé, issus du monde des médicaments, des équipements médicaux lourds, des dispositifs médicaux et du diagnostic. Mais aussi les géants du digital (les GAFA), les acteurs de l’assurance, les médias santé, toutes les entreprises et les start-up spécialisées dans la e-santé.

Ces acteurs disposent chacun de leurs propres leviers d’action pour réussir, pour piloter ou pour intégrer efficacement les écosystèmes de santé. Pour y parvenir, deux actifs s’avèrent clés pour endosser le rôle du pilote de l’écosystème : la technologie et la confiance des utilisateurs

 

Confiance des utilisateurs

Aujourd’hui, le système de santé publique semble satisfaire les besoins des français et la confiance vis-à-vis du système reste élevée parmi la population générale et les professionnels de santé. Il est nécessaire de souligner qu’en France 67%, de la population générale déclare avoir confiance dans le système de santé de son pays. Ce sentiment est non seulement semblable, mais supérieur chez les professionnels de santé interrogés globalement (72 %).[4]

Globalement, la population générale et les professionnels de santé jugent favorablement l’état de santé en France. En revanche, la population générale considère que le système de santé devrait investir plus dans la prévention que dans les soins aux malades. Quant aux professionnels de santé, ils affichent des opinions plus mitigées sur les dépenses du budget de santé et les priorités à accorder en termes de temps et de ressources.

Bien que la population générale et les professionnels de santé jugent l’intégration du système de santé essentielle en France, la perception du coût financier risque d’empêcher une adoption élargie et d’entraver une qualité de soins supérieure.

C’est pourquoi, Tech Care Paris dans la sélection de ses start-up porte une attention particulière sur les solutions favorisant l'interdisciplinarité, proposant des business modèles innovants et économiquement viables ayant une chaîne de financements intégrée. Les questions d'éthique, de l'impact environnemental, de sécurité, de protection des données et de confidentialité sont cruciales pour Tech Care Paris et ses partenaires.

 

Quelles perspectives en 2018 ?

Pour conclure, on peut souligner que l’année 2018 sera une année incontournable pour la santé publique car elle fera rentrer la télémédecine dans le droit commun restée jusqu'à présent marginale, car limitée dans son financement, cantonnée à des expérimentations éparses et centrées sur l'hôpital.

Le gouvernement a décidé d’accélérer l’adoption de la télémédecine et en finir avec les déserts médicaux avec l’article 36 de la loi de financement de la Sécurité sociale 2018. Cela signifie que la téléconsultation (consultation à distance d'un médecin par vidéotransmission) et la télé expertise (sollicitation à distance de l'avis d'un autre médecin) seront remboursées.

Le montant exact que l’assurance maladie est prête à mettre sur la table sera au cœur des débats, dès l’ouverture de la négociation conventionnelle le 18 janvier. Elle portera sur le tarif de la consultation à distance par rapport à la consultation classique, la question des tarifs des actes de consultations à distance - entre un patient et son médecin, par vidéoconférence - et de télé-expertise - une requête d’un médecin à un spécialiste.[5] Les études récentes estiment des économies de 26 milliards d’euros réalisables par an en transport sanitaire et hospitalisations. Le nouveau chantier prévoit une réalisation de 500 actes dès 2019 et 1,3 million en 2021 à condition de lever les barrières telles que cadre médical flou, une couverture haut débit partielle du territoire et la neutralité du net qui peut s’avérer gênante.

 

 

Sources :

  1. Note de synthèse 2016 - Pipame - Étude « E-santé : faire émerger l’offre française en répondant aux besoins présents et futurs des acteurs de santé »
  2. Etude Xerfi 2017 « E-santé : le marché de la médecine connectée, perspectives à l'horizon 2025 »
  3. http://www.journaldunet.com/economie/expert/68167/e-sante---l-autre-branche-du-e-commerce-qui-explose-en-france.shtml
  4. Etude de IPSOS, Schlesinger et Braun. Future health index 2017. Comment les systèmes de santé mondiaux utilisent-ils les technologies numériques pour préparer l’avenir ?
  5. http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/01/14/20002-20180114ARTFIG00142-telemedecine-la-revolution-qui-va-ameliorer-l-acces-aux-soins.php
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